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Strength And Conditioning

Et si la victoire était contagieuse?

Et si la victoire était contagieuse?
Published: 2020-10-13

Vous êtes-vous déjà posé cette question? Moi je le fais depuis des années. Est-ce seulement un titre ronflant que les chroniqueurs sportifs mettent sur leurs articles pour attirer le regard, ou y a-t-il un fond de vérité? 

Je lisais récemment qu’une équipe de hockey de niveau midget AAA, a connu une incroyable séquence de 40 triomphes, et je me suis redemandé: «Est-il vraiment possible que la victoire soit contagieuse? Ces jeunes joueurs en sont-ils atteints de façon chronique, ce qui les condamne à gagner?» 

Nous connaissons tous assez le sport pour mettre cette affirmation en doute. Si c’était possible, il est évident que ça se saurait et que les équipes professionnelles donneraient leur âme pour être contaminées.

En toute franchise, je ne sais pas quoi vous dire, car il nous faut avouer qu’aucune étude sérieuse ne s’est penchée sur ce dossier. Il n’y a donc pas de réponse mathématique ou psychologique à cette question. 

Pourtant, le bonheur lui est contagieux. Cela a été prouvé scientifiquement par deux sociologues américains dont les résultats de recherche, menée sur plus de 20 ans, ont été publiés, il y a quelques années, par le British Medical Journal. Les professeurs Nicholas Christakis, de la Harvard Medical School, et James Fowler, de l’Université de Californie à San Diego, tentaient d’évaluer si le bonheur pouvait se répandre d’une personne à une autre. Ils sont parvenus à l’étonnante conclusion que le bonheur s’attrape, un peu comme un rhume; qu’il se déploie comme un germe.

Mieux encore, ils en ont calculé les probabilités. Ainsi, avoir un ami heureux augmente vos chances d’être vous-même heureux de 15,3 %. Toutefois, pour que ça fonctionne, il faut entrer en contact direct avec le porteur du bonheur. Les textos, les cellulaires ou les médias sociaux en général n’ont à peu près pas d’influence.

Les chercheurs ont aussi noté que les gens heureux sont généralement très entourés, ce qui est un atout, puisque le bonheur semble se comporter comme un virus. Donc, plus une personne heureuse rencontrera de gens, plus elle pourra les influencer et plus il y aura d’individus heureux.

Cela dit, quel rapport entre le bonheur et la victoire, me demanderez-vous? 

À première vue, aucun. 

On peut néanmoins extrapoler et prétendre que gagner rend les joueurs plus heureux. Or, comme le bonheur est contagieux, il se propagera rapidement et largement auprès de tous les membres l’équipe. On tentera donc naturellement de recréer les conditions qui ont rendu ce bonheur possible pour continuer à être heureux. En d’autres mots, les joueurs viseront la victoire pour revivre ce sentiment. Dans ce sens, il est effectivement possible que la victoire soit contagieuse.

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À l’inverse, quand on est malheureux, quand l’ambiance, tant pendant la partie que dans le vestiaire, est lourde, que le goût de jouer et de se donner s’effrite, il est possible d’imaginer que cela aura un impact réel sur les résultats de l’équipe. Cela pourrait même favoriser une suite de défaites. 

Quand une équipe professionnelle traverse une période difficile où les revers s’accumulent, les dirigeants ont l’habitude de diagnostiquer un problème au niveau de l’attitude. Cela ne devient-il pas une autre façon de dire que les joueurs ne sont pas heureux? 

Alors, la victoire est-elle contagieuse? Rien n’est moins certain. Mais, si jamais il y avait là une petite part de vérité, pourquoi ne pas en profiter?

À mon avis, cela confirme qu’une partie fondamentale de la pratique de n’importe quel sport commence par le plaisir qu’on a à y jouer. Lorsqu’on aime ce qu’on fait, on est assurément meilleur et finalement… on est heureux. 

Alors, choisissez le bonheur et peut-être la victoire viendra-t-elle plus facilement!